Notre président de la République nous l'a encore expliqué jeudi soir : "La Turquie n'est pas
en Europe". J'aime la géographie. Mais une question se pose : Chypre et Malte, sont-elles vraiment en Europe ?Prenez donc une carte. Chypre, cette charmantes île pleine d'olives est à moins d'une centaine de kilomètres de la Syrie, et bien au sud du milieu de la Turquie. Alors comme l'Oural n'a pas jugé bon de descendre jusque là, il faut nous tourner vers les experts qui, en plus d'avoir fait de très longues études pour en imposer aux pauvres ânes que nous sommes, se chamaillent à Bruxelles pour savoir si la Turquie est plus Européenne qu'Orientale. Quant à Malte, elle regarde fixement les plages tunisiennes. Est-ce encore une des frontières surprenantes de l'Europe ?
Allez donc expliquer à la Turquie pourquoi Chypre est devenue (du moins sa partie sud) membre de l'UE, alors qu'elle n'est géographiquement pas plus ou moins européenne... Si les turcs usaient d'une mauvaise foi que je ne saurait leur reconnaître, il pourraient également s'étonner que l'Europe sétende jusqu'au Canada (par St Pierre et Miquelon), ou tolère une frontière commune avec le Brésil (par la Guyane)...
Alors la Turquie, qu'en faire ? Ou plutôt, comment la considérer ? C'est bien moins le pays qui pose problème que ses frontières. Admettre que l'Union Européenne ait une frontière commune avec l'Iran, l'Iraq, la Syrie, l'Arménie et la Georgie, pose un problème de stabilité géopolitique évident, que ce soit au niveau religieux ou migratoire.
La Turquie semble vouée à rester une sorte de sas de sécurité plus ou moins hermétique entre Europe et Orient. Leur prétendue laïcité musulmane les fait passer aux yeux de beaucoup comme un pays qui, quoique musulman, arrive à résister pour le moment à la tentation de l'islamisation radicale de ses institutions. Et c'est le combat manichéen permanent entre laïcité et islamisation qui fragilise l'image de la Turquie et la confiance qu'on peut avoir en elle. L'Europe est constituée d'Etats qui, de tradition chrétienne, ont réussi à séparer, avec plus ou moins de réussite (Vive l'Irlande), religion et politique. Le fait de procéder à l'intégration en son sein d'un Etat qui hésite, d'un Etat au contact de pays aussi sulfureux que l'Iran, l'Iraq et la Syrie pose problème car rien ne dit qu'il ne basculera pas un jour de leur côté, à la faveur d'élections, d'un référendum ou tout simplement d'un coup d'état... Et alors là que ferions-nous de cet ami devenu un gênant cheval de Troie (sans faire de jeu de mot) au cœur de l'Union ?..
Je ne privilégie aucune opinion mais me pose simplement ces questions à l'orée d'une prochaine ouverture à un autre pays majoritairement musulman : la Bosnie. On ne pourra pas lui opposer le fait de ne pas être en Europe...
Etonnant débat que celui-ci ou la Géopolitique se mêle à la Religion...
Une autre solution auquel personne ne semble souscrire : la création de plusieurs Unions, à l'instar de la nouvelle Union Méditerranéenne. Pourquoi être passé à 27 pays alors que l'on aurait pu constituer des blocs plus homogènes. Union Européenne, Union Slave, Union Scandinave, Union Balkanique, etc... Tout en préservant l'authenticité et l'homogénéité de chaque Union, tous les échangent et toutes les possibilités auraient été possibles (commerce, finances, flux migratoires,...) et jamais ne se seraient posés les problèmes d'élargissement qui affaiblissent l'Europe au lieu de la renforcer...
Aimé Césaire est mort. Notez le scoop.
Je me suis toujours demandé comment j'allais réagir à la mort de mon père et surtout si
j'allais me rendre à ses obsèques. Et quid de de l'oraison funèbre ? Devrai-je me fendre d'un discours à la gloire de mon papa, cet inconnu ? Devrai-je faire résonner en l'église de
ma voix monocorde épîtres et paraboles piochés au hasard d'un plouf-plouf dans le Grand Livre Sacré ? Devrai-je rendre un hommage appuyé à cet homme que je ne connais pas ? Et
puis, aura t-on prévu un salon VIP, quelques bunny-girls, et un excellent champagne pour y tremper une ou deux hosties ?
Je hais les minutes de silence.
Je suis très sensible au débat sur les tests de paternité, tout simplement parce que je suis
outré par l'interdiction de pouvoir les faire en France sans passer par une décision légale. Il y a bien sûr l'Étranger, mais tout le monde sait, on nous le dit trop souvent, à l'Étranger,
ils font et permettent n'importe quoi car ils ne disposent pas de ce joyau dont la France a accouché avec la Révolution et le fromage au lait cru : l'Éthique, où comment grimer la
morale laïque en religion judiciaire...
Merci M. Fillon !
Mes félicitations à la police de la république française pour son imitation parfaite de la
police chinoise !