Samedi 26 avril 2008
Notre président de la République nous l'a encore expliqué jeudi soir : "La Turquie n'est pas en Europe". J'aime la géographie. Mais une question se pose : Chypre et Malte, sont-elles vraiment en Europe ?

Prenez donc une carte. Chypre, cette charmantes île pleine d'olives est à moins d'une centaine de kilomètres de la Syrie, et bien au sud du milieu de la Turquie. Alors comme l'Oural n'a pas jugé bon de descendre jusque là, il faut nous tourner vers les experts qui, en plus d'avoir fait de très longues études pour en imposer aux pauvres ânes que nous sommes, se chamaillent à Bruxelles pour savoir si la Turquie est plus Européenne qu'Orientale. Quant à Malte, elle regarde fixement les plages tunisiennes. Est-ce encore une des frontières surprenantes de l'Europe ?

Allez donc expliquer à la Turquie pourquoi Chypre est devenue (du moins sa partie sud) membre de l'UE, alors qu'elle n'est géographiquement pas plus ou moins européenne... Si les turcs usaient d'une mauvaise foi que je ne saurait leur reconnaître, il pourraient également s'étonner que l'Europe sétende jusqu'au Canada (par St Pierre et Miquelon), ou tolère une frontière commune avec le Brésil (par la Guyane)...

Alors la Turquie, qu'en faire ? Ou plutôt, comment la considérer ? C'est bien moins le pays qui pose problème que ses frontières. Admettre que l'Union Européenne ait une frontière commune avec l'Iran, l'Iraq, la Syrie, l'Arménie et la Georgie, pose un problème de stabilité géopolitique évident, que ce soit au niveau religieux ou migratoire.

La Turquie semble vouée à rester une sorte de sas de sécurité plus ou moins hermétique entre Europe et Orient. Leur prétendue laïcité musulmane les fait passer aux yeux de beaucoup comme un pays qui, quoique musulman, arrive à résister pour le moment à la tentation de l'islamisation radicale de ses institutions. Et c'est le combat manichéen permanent entre laïcité et islamisation qui fragilise l'image de la Turquie et la confiance qu'on peut avoir en elle. L'Europe est constituée d'Etats qui, de tradition chrétienne, ont réussi à séparer, avec plus ou moins de réussite (Vive l'Irlande), religion et politique. Le fait de procéder à l'intégration en son sein d'un Etat qui hésite, d'un Etat au contact de pays aussi sulfureux que l'Iran, l'Iraq et la Syrie pose problème car rien ne dit qu'il ne basculera pas un jour de leur côté, à la faveur d'élections, d'un référendum ou tout simplement d'un coup d'état... Et alors là que ferions-nous de cet ami devenu un gênant cheval de Troie (sans faire de jeu de mot) au cœur de l'Union ?..

Je ne privilégie aucune opinion mais me pose simplement ces questions à l'orée d'une prochaine ouverture à un autre pays majoritairement musulman : la Bosnie. On ne pourra pas lui opposer le fait de ne pas être en Europe...

Etonnant débat que celui-ci ou la Géopolitique se mêle à la Religion...

Une autre solution auquel personne ne semble souscrire : la création de plusieurs Unions, à l'instar de la nouvelle Union Méditerranéenne. Pourquoi être passé à 27 pays alors que l'on aurait pu constituer des blocs plus homogènes. Union Européenne, Union Slave, Union Scandinave, Union Balkanique, etc...  Tout en préservant l'authenticité et l'homogénéité de chaque Union, tous les échangent et toutes les possibilités auraient été possibles (commerce, finances, flux migratoires,...) et jamais ne se seraient posés les problèmes d'élargissement qui affaiblissent l'Europe au lieu de la renforcer...

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Jeudi 24 avril 2008
Le vieux débat sur la Marseillaise revient. Ca faisait longtemps qu'on n'avait pas ressorti les vieux manuscrits pour savoir si l'on ne pouvait pas édulcorer les paroles de notre hymne national. Et là les vieux clans refont surface : ceux qui ne veulent pas y toucher, ceux qui veulent en moderniser les paroles, ceux qui veulent en composer un nouveau et nos amis de la Tour de la Galette Hall 3, escalier B qui veulent qu'on y mette un peu d'rap. Et tant qu'on y est, pourquoî pas un p'tit air de techtonik, histoire de faire plaisir aux stabilos à deux pates qui arpentent les centres commerciaux  après l'heure du goûter ?

Bon, le débat est clos, nous allons remplacer la Marseillaise par un des chants du KOP de Liverpool. Un texte guimauve, remastérisé à la sauce hooligan, tout ça sera du plus bel effet !

Pour ceux qui ne sont pas au fait de ce qui se chante dans les gradins, voici les paroles de la nouvelle Marseillaise (Lien)

When you walk through a storm (Quand tu traverse une tempête)
Hold your head up high (Garde la tête haute)
And don't be afraid of the dark. (Et n'aie pas peur de l'obscurité)
At the end of a storm (A la fin de la tempête)
There's a golden sky (Il y a un ciel doré)
And the sweet silver song of a lark. (Et le doux chant argenté d'une alouette)
Walk on through the wind, (Marche à travers le vent)
Walk on through the rain, (Marche à travers la pluie)
Though your dreams be tossed and blown...  (Bien que tes rêves soient maltraités et soufflés)
Walk on, walk on, with hope in your heart,  (Continue de marcher, avec l'espoir dans ton cœur)
And you'll never walk alone... (Et tu ne marcheras jamais seul)
You'll never walk alone.
Walk on, walk on, with hope in your heart,
And you'll never walk alone...
You'll never walk alone.

Bon v'est juste une proposition, l'Asemblée va en discuter et puis je suis sûr que nous trouverons le temps pour lancer un référendum conjoint pour savoir si la Turquie est bien en Europe, en Asie ou plus près des Philippines que de la banlieue de Poitiers, et si "We walk alone" résonnera devant la mairie le 11 novembre prochain.

Au fait n'oubliez pas d'aller voter ce sont des questions essentielles !
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Mardi 22 avril 2008

Vos grands-parents vous ont sûrement raconté un peu de leur Seconde (Deuxième ?) Guerre Mondiale. On ressort les rutabagas et les photos de maquis rangés sous les mouchoirs dentelés et ça commence. Ils étaient résistants et ont réussi à libérer un prisonnier, à cacher des évadés, à fabriquer des faux papiers, etc... Entrez à présent dans n'importe quelle maison de retraite et questionnez ses pensionnaires : vous entendrez les mêmes anecdotes et tous se souviendront de leurs faits d'armes, prenant un plaisir que la mémoire embaume, à vous les raconter par le menu. Interrogez ceux qui ont connu la guerre, et l'on vous servira toujours les mêmes anecdotes, les mêmes actes héroïques, les mêmes élans de courage...

A chaque fois, tandis que l'Histoire me revient au oreilles avec soixante ans de retard, je me demande en laissant mon regard se plonger dans le vide : "Et ceux qui n'ont rien fait, ceux qui sont restés passifs quels qu'en aient été les motivations, ceux aussi qui se sont tus et surtout ceux qui ont activement collaborés, que sont-ils devenus ?"

Où sont-ils donc passés ?

Où sont passés ceux qui se sont enrichis grâce au marché noir ? Où sont passés les gars de la LVF et de la légion Charlemagne ? Où sont passés ceux qui ont vu en l'Occupation une occasion de tirer leur épingle du jeu ?

Je ne pense pas que l'Epuration ait permis de faire disparaître tous ces témoins de l'autre Histoire, tous ces acteurs qui collaboraient en plein jour tandis que d'autres résistaient dans l'ombre...

Alors vous allez me dire, "quand on a collaboré, on a pas vraiment envie de s'en glorifier et d'en parler ouvertement". J'en conviens mais alors pourquoi ne trouve t-on jamais de témoin silencieux ? Tous les retraités parlent de leurs faits de résistance, et aucun ne se tait, aucun ne masque ses secrets derrière de longs silences et un regard énigmatique. Cela ferait vivre un doute bien trop pesant. Alors pour ne pas prendre le risque de mal dissimuler en se taisant, il faut parler, parler à tout prix, et répéter ce qu'on a entendu de ci de là, ce qu'on a lu dans les journaux et ce que d'autres ont raconté.

Aussi, lorsque j'écoute, au hasard de mes rencontres, des anciens que la Deuxième hante encore et dont la seule hâte est de me faire manger un peu de ce pain là, je ressens comme un malaise, car dans tous ces glorieux résistants, parmi tous ces héros de la Guerre se cachent d'anciens collabo qui mentent, qui mentent pour avoir la paix, qui mentent pour se convaincre peut-être qu'ils n'ont pas pu commettre ce qu'ils ont commis...

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Dimanche 20 avril 2008

Ce qui me frappe à chaque fois que je longe le stade Charlety, c'est la taille du cimetière qui s'étend à côté de lui sur la commune de Gentilly. Si vous regardez sur Google Maps (Cliquez), le cimetière est tout simplement gigantesque... Et si l'on recensait l'espace total occupé par les cimetières de la capitale, on ne serait pas loin de créer un nouvel arrondissement et pas le plus mince...

Et une question se pose. Combien pourrait-on de loger de vivants à la place des morts ? Oui, en disant cela j'entendais "dans un logement décent", pas dans les tombes, voyons ! Combien d'immeubles de plusieurs étages gorgés d'appartements pourrait-on fièrement dresser sur la superficie du seul cimetière de Gentilly ? Je vous laisse trouver la réponse tout seuls... mais nous parlons de centaines de foyers...

Alors je tiens à rassurer les gens que Poltergeist a fortement impressionnés, tout cela n'était qu'une fiction ! La Vérité était ailleurs, comme vous le savez... Et la fameuse malédiction du film, me direz-vous ? Vous savez les malédictions c'est comme les pucelages, on en parle beaucoup mais on n'en croise jamais ! Je tiens aussi à rassurer les radiesthésistes, nous déménageront les corps AVEC les radiations, et nous indiqueront à leurs âmes grâce au Professeur M'Gele M'gele, célèbre sorcier bantou installé à la Goutte d'Or et joignable 24h / 24 sur son portable NRJ Mobile, les nouvelles coordonnées GPS du champs de betteraves où les cendres seront dispersées. Bon, on ne peut pas dire que je ne fais pas d'efforts avec les croyants de toutes sortes !

Ça y est, mai 2012, je viens d'être nommé Ministre du Logement et libère en 48 heures une surface de plusieurs hectares pour loger mes concitoyens ! Promesse de campagne tenue ! Et comme on brûle devant les caméras de France 7 les paillotes illégales, je convie les caméras de TF2 et les paparazzi de Voilou au joyeux déménagement à coup de pot de yaourt de l'immense cimétière de Gentilly. A peine 6 mois de constructions et d'aménagements divers, une plaque commémorative pour faire plaisir aux anciens combattants, et hop, un quartier tout neuf avec ses commerces, ses crèches et ses écoles !

Je sais, je vais encore sûrement bousculer les habitudes funéraires de la plupart d'entre vous mais soyons honnêtes et regardons les choses en face... Vous êtes tous contre les privilèges ? Alors pourquoi peut-on rester sur sa concession à perpétuité contre 8000 € pour 70 ans (ce qui fait un loyer moyen de 9, 52 € / mois charges comprises) alors que la moindre chambre de bonne va chercher dans les 500 € / mois avec WC sur le palier ?

Soit on indice le coût des concessions sur le prix du mètre carré local, soit on récupère le terrain pour loger des personnes comme vous et moi qui payons une fortune en attendant la libération d'un logement social qui ne viendra jamais...

Je sais pertinemment que personne n'aura le courage, dans une république pourtant laïque, de prendre la terre des morts qui dorment pour la rendre aux vivants qui se lèvent tôt, mais qu'on ne vienne plus me dire qu'à Paris, il n'y a plus de terrain constructible, car j'ai quelques adresses à fournir...

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Samedi 19 avril 2008
Aimé Césaire est mort. Notez le scoop.

Cela fait deux jours qu'on me parle de "concept de négritude" alors que je pensais que ce terme était profondément insultant, du moins ressenti comme tel par les personnes de la couleur concernée. Vous avez vu la circonlocution politiquement correcte ? Je parle presque comme un Bo-bo du Marais ! Je continue : les tribunaux de la République, emboîtant le pas de l'évolution des moeurs démocratiques, bla-bla-bla, condamnent d'ailleurs plus ou moins sévèrement ces insultes à caractère racialement discriminatoire. Ce qui m'embête avec le politiquement correct c'est qu'on doit employer beaucoup de mot pour tourner autour du pot afin d'exprimer une idée simple. Mais bon, c'est comme ça, que voulez-vous...

Revenons à notre concept.

Il m'a été très difficile de trouver une définition claire sur la toile... J'en ai déniché une qui résume me semble t-il assez bien la "négritude" selon Aimé Césaire.
 
"(les inventeurs du concept - NDLR) affirment haut et fort la grandeur de l'histoire et de la civilisation noires face au monde occidental qui les avait jusque là dévalorisées. Ils se refusent l'existence d'une essence noire mais veulent faire de leur identité nègre et de l'ensemble des valeurs culturelles du monde noir, une source de fierté."

Etonnant non ? Transposons ça avec une autre couleur.

"(les inventeurs du concept - NDLR) affirment haut et fort la grandeur de l'histoire et de la civilisation blanches face au monde africain qui les avait jusque là dévalorisées. Ils se refusent l'existence d'une essence blanche mais veulent faire de leur identité blanche et de l'ensemble des valeurs culturelles du monde blanc, une source de fierté."

Re - étonnant non ?

Demandez-vous maintenant pourquoi la deuxième version vous met mal-à-l'aise... Si cela vous donne mal à la tête, prenez un Alka Césaire !

Le concept de négritude est passé de mode et renvoie à un rôle colonialiste que la France ne joue plus depuis longtemps... 

Je n'ai jamais très bien compris cette histoire de fierté des origines. A l'école, au collège, au lycée et partout ailleurs, ce qui m'énervait le plus souvent, c'était d'entendre chacun se targuer d'être d'origine italienne, d'être un peu russe par son père et afghan par sa mère, d'être basque depuis cent générations, d'être métis, d'être créole etc... La fierté à être autre chose que caucasien et français tout en restant fier d'être de nationalité française m'a toujours interloqué. Tout simplement car je n'ai jamais compris qu'est-ce qui faisait que n'être que français était moins fun, moins classe ou moins bon pour son cholestérol... Venir d'autre part était plus glorifiant que d'arriver du coin de la rue.

Cherchant dans mes origines des années après, je n'y ai trouvé (jusqu'a 1590) que des natifs beaucerons, percherons.. et un limousin ! Non, je ne parle pas de mes têtes de bétail ni de mes chevaux de trait, mais bel et bien de mes humbles ancêtres. Désolé mes amis, je ne suis pas né sous les tropiques et ne suis pas métis. Je ne suis qu'un basique caucasien français, issu d'une lignée de paysans du Loir-et-Cher, et ne dois à mon goût pas plus m'en excuser qu'en être fier.

Et puis de quelle origine peut-on être fier ? Suis-je fier moi d'être français ? Non, car je ne comprends même pas ce que cela signifie. Par contre je suis heureux d'être français et ça n'est pas pareil.

Je n'ai aucune fierté à être ce que ma carte d'identité reprend : aucune fierté du nom, du prénom, d'appartenance à une commune, une nationalité et je ne trouve même pas ma signature jolie. Ce dont je suis fier, c'est d'être QUI je suis et non CE QUE je suis, d'avoir ces qualités et ces défauts que je partage avec d'autres hommes et femmes de toutes les couleurs aux quatre coins du monde...

C'est ce que je suis à l'intérieur qui compte !

Et ce que je suis à l'intérieur, se voit à l'extérieur !!! Hi hi (impossible de la louper celle-là)

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Vendredi 18 avril 2008
 
Je me suis toujours demandé comment j'allais réagir à la mort de mon père et surtout si j'allais me rendre à ses obsèques. Et quid de de l'oraison funèbre ? Devrai-je me fendre d'un discours à la gloire de mon papa, cet inconnu ? Devrai-je faire résonner en l'église de ma voix monocorde épîtres et paraboles piochés au hasard d'un plouf-plouf dans le Grand Livre Sacré ? Devrai-je rendre un hommage appuyé à cet homme que je ne connais pas ? Et puis, aura t-on prévu un salon VIP, quelques bunny-girls, et un excellent champagne pour y tremper une ou deux hosties ?

Mais tout un coup un doute me prend : est-ce à moi d'organiser tout cela ? Mon père était bon vivant, ce qui rime avec "prévoyant" tout le monde le sait, et j'espère que ce vieux yoda a pris un peu de son temps entre deux binages pour aller signer sa convention obsèques. 

Ayant pris les congés "enterrement" offerts par mon entreprise, j'ai préféré partir à la Beaule en famille. Au retour de mon week-end, taraudé par une once de culpabilité, celle qu'on a depuis que spermatozoïde gagnant, on a condamné ses compagnons de voyage à une mort inéluctable, j'ai pensé à mon ascendant en faisant un détour par le Truffaut du coin. Et comme un hommage au jardinier qu'il était, j'ai tout de suite pensé à lui offrir 20 litres de terreau ! Mais attention, de la marque s'il vous plaît !

Je vois déjà la scène : mes 20 litres de Gam'vert trônant au milieu d'un océan de fleurs et de banderoles noires et violettes. Chercher l'intrus... Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, et je conçois que mon côté iconoclaste détone à nouveau en ces moments hautement hypocrites où chacun se demande si son nom apparaît au détour d'une disposition testamentaire...

Regardez bien dans les églises, on y croise plus les doigts que l'on ne prie mains jointes. Et c'est à qui jouera le mieux le recueillement, à qui tiendra le bras de la veuve et lui tendra le mouchoir le plus parfumé au sortir du cimetière... En général, j'en profite pour rester sur le parking afin de siphonner quelques 4x4. L'essence est si chère et l'on oublie souvent dans ces moments de fermer sa portière de voiture. Quelle erreur alors d'y laisser son GPS dernier cri !

En résumé, cher papa, je laisserai à tes fidèles courtisans le soin de te célébrer, et mon absence passera bien inaperçue... On ne peut pas être au four et au moulin. Et si l'on me cherche malgré tout à la cérémonie, qu'on frappe à la porte du notaire local, on m'y trouvera surement, un coupe à la main...

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Vendredi 18 avril 2008
 
Cher Totoche,

Oui, je suis arrivé en retard de 5 minutes hier. J'en suis vraiment désolé. Je tenais à te dire que ton reproche m'a tellement contrarié que je suis même parti 40 minutes en avance.

Je me sens tellement coupable d'avoir volé l'entreprise que je veux bien lui rendre en temps compensé ou en argent les 45 minutes que je lui ai volées.

En contrepartie, je te saurai gré de bien vouloir effectuer les démarches nécessaires pour me payer la centaine d'heures supp que l'entreprise a volée à ma vie privée ces 6 derniers mois.

Nous serons alors quittes !

Dont acte.

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Vendredi 18 avril 2008
Je hais les minutes de silence.

Car les minutes de silence, ça ne sert tout bonnement à rien.

Après les attentats de Madrid, je me suis rendu à la mairie de ma charmante commune pour y faire je ne sais plus quelle démarche. Je fus d'abord surpris de la trouver encombrée d'anciens combattants, étendards dressés, chantant la Marseillaise avec solennité. Sur le fronton de la mairie, un drapeau espagnol flottait à côté d'un drapeau français, l'un l'autre s'effleurant au gré des caprices de la brise... Je regardai ma montre : aucune commémoration en vue, vu que nous étions loin du 8 mai et encore plus du 11 novembre.

Me frayant un chemin à travers la tumultueuse troupe de séniles et bruyants louveteaux, je réussis à entrer dans le hall du bâtiment où trônait un autre drapeau espagnol et un présentoir sur lequel était ouvert un grand livre d'or. M'approchant par pure curiosité je l'admets, je découvris qu'il ne s'agissait pas d'y laisser ses appréciations sur la qualité de l'accueil à l'Etat Civil, où ses suggestions de menus bios pour les cantines du canton, mais quelques mots sur les attentats de Madrid. Feuilletant les pages du grimoire à pleurniches où d'anonymes citoyens avaient accouché de poncifs où l'émotion affectée se mêlait au style le plus plat, j'essayais de comprendre deux choses : 

1) Qu'écrit-on dans un tel livre et pour un tel évènement ?

2) A quoi ça sert et que fait-on des messages (et du livre donc) ?

Je me mis à chercher le mode d'emploi de ce livre, et je ne trouvai rien. On aurait pû indiquer en préambule le type de petit mot politiquement correct qu'on devait y laisser par exemple. Toujours avide de m'instruire, je me mis à lire quelques extraits au hasard afin de trouver l'inspiration chez ceux qui avaient cru bon de s'exprimer. "La guerre et le terrorisme, c'est affreux ! Soutenons les espagnols !", "Luttons contre le racisme et pour la tolérance !", "Le terrorisme, je suis contre!"... Pas un seul "Une baguette bien cuite !", "Je veux mon Epeda !", "Tout le monde a droit à un Joker, sauf les terroristes !"... J'étais stupéfait...

Qu'écrire ? Angoisse de la page blanche.


Et soudain, je fus arraché à mes rêveries solitaires par un ancien résistant qui surgit dans le hall en lançant : "Pour la minute de silence à la mémoire des victimes des attentats de Madrid, c'est maintenant devant la mairie !"

Mais à quoi servent ces putains de minutes de silence quand il faut au contraire s'insurger, hurler sa haine du terrorisme ? A se donner bonne conscience. A quoi ça sert d'écrire des messages stupides sur un livre qui restera dans les rayonnages poussiéreux de la mairie ? A rien. Ces hommages vont-ils ranimer les morts et soigner les blessés ? Non. Je ne respecte aucune minute de silence et ne remplis aucun livre de souvenirs, car je préfère agir plutôt que vainement réagir comme le font tous ces gens qui tout en observant cette minute et en laissant un message à la con, pensent déjà à la bonne choucroute qu'ils se taperont après avec les potes de l'amicale des alcooliques de la 8794ème section.

Pendant une minute vous vous taisez. Pendant cette minute, j'agis...

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Jeudi 17 avril 2008

Ce qui me fait sourire dans les trains, c'est d'entendre cette réflexion aussi stupide que son auteur : " Ah ben quand il y aura des trains privés, ils seront tous à l'heure ! "

Essayons de remettre un peu de vérité dans tout cela. J'ai beau être un exigeant usager des trains de la SNCF, la mère Denis de la République, cela ne me dispense pas d'avoir un peu de clairvoyance et de ne pas réagir au premier degré comme le font beaucoup de mes compagnons de voyage...

Les trains privés, n'en déplaisent à tous, subiront les mêmes retards que les trains "soit-disant" publics. Et oui ! Un chevreuil qui traverse les voies et que le cruel Destin met sur le trajet d'un TGV, eh bien ce chevreuil explose. Le train s'arrête. Les trains qui le suivent et parfois ceux qui le croisent aussi. Et ça inclut les trains privés. De plus, quand un TGV a un problème, on entend parfois que les voyageurs ont été "transbordés" dans une autre rame venue pour remplacer la première. Et les société privées, comment feront-elles ? Elles ne disposeront pas du parc de la SNCF ! Que feront-elles alors quand leur rame tombera en rade en pleine campagne ? Si elle n'a pas de matériel, elle appellera la SNCF à la rescousse et qui acheminera une rame neuve ? La SNCF. A moins que la société privée supprime un autre de ses trains pour récupérer la rame afin de porter secours à la première ? Alors là, nous aurons donc un train privé supprimé (voyageurs sur le quai !) et un retard d'acheminement pour les "transbordés". On arrivera à la même situation que les compagnies Low-cost qui n'ont aucun stock d'avion et qui sont obligés de supprimer certains vols pour en assurer d'autres dont les appareils ont flanché...

Autre exemple : les feux de forêt en plein été. Pour raison de sécurité, les trains ne passeront pas, qu'ils soient publics ou privés ! Etc... etc...

Ce que les gens ne comprennent pas c'est que l'exploitation ferroviaire est complexe et tributaire d'évènements majoritairement inopinés : feux de talus, climat, suicides, manifestations sur les voies, passage en force de voitures sur les passages à niveau, passage d'animaux aux abords ou sur les voies, menaces terroristes (évacuation pour bagage suspect), retards dûs aux réseaux étrangers (pour les trains transfrontaliers),...

Alors oui les trains privés généreront une certaines concurrence, mais il ne faudra pas rêver non plus... Elle ne pourront devancer la SNCF que sur deux choses : les destinations et connexions proposées et les tarifs. Quant aux problèmes d'exploitation, ne vous attendez à aucun miracle, je vous le dis ! (Évangile selon Totor III-26).

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Dimanche 13 avril 2008
Je suis très sensible au débat sur les tests de paternité, tout simplement parce que je suis outré par l'interdiction de pouvoir les faire en France sans passer par une décision légale. Il y a bien sûr l'Étranger, mais tout le monde sait, on nous le dit trop souvent, à l'Étranger, ils font et permettent n'importe quoi car ils ne disposent pas de ce joyau dont la France a accouché avec la Révolution et le fromage au lait cru : l'Éthique, où comment grimer la morale laïque en religion judiciaire...

J'avais depuis longtemps oublié ce vieux débat quand soudain un reportage sur le sujet a réveillé mon incompréhension et mon mécontentement entre deux cornets de frites.

Pourquoi ces tests sont-ils interdits en France tandis qu'ils sont autorisés partout ailleurs ?

Un homme de droit qui s'était déplacé à la place du Dieu Badinter, m'a une fois répondu de façon assez évasive en m'exposant que "la famille est une valeur avant tout affective et les liens génétiques entre un père ne sauraient surpasser les liens affectifs. Un père ayant abandonné son enfant au profit d'un père adoptif, ne saurait se prévaloir de son lien génétique incontestable, pour se substituer en tant que père dans le coeur de l'enfant après que ce dernier ait été élevé sa vie durant par son père de substitution." (quelle mémoire !)

Au pays de Candy, comme dans tous les pays, on s'amuse, on pleure, on rit, il y a les méchants et les gentils. Amen.

Je comprends ce principe au nom de mon ouverture à la philosophie de salon, mais la Recherche de la Vérité est avant tout le principe fondateur de tout type de Justice. Je ne pense pas me tromper. Je n'ai peut-être fait que deux ans de Droit, mais il me semble avoir noté cela deux ou trois cent fois sur mes bristols de notes.

On va finir par tout faire à l'Étranger si ça continue : les chicots à Prague, les seins à Casablanca, les adoptions à Bucarest, les inséminations artificielles à Bruxelles et les tests de paternité à Madrid !

Je ne sais pas ce qu'il reste à faire chez nous. Le Parc Asterix peut-être ?

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Samedi 12 avril 2008
Merci M. Fillon !

Comme si le chantier France n'était pas suffisant, la République vient de se trouver une nouvelle occupation, une nouvelle ingérence en pays étranger : débarrasser le monde des vils flibustiers et autres pas-beaux pirates sillonnant les mers et océans à la recherche des Ponant de passage.

L'État venait à peine de racler le fond de la casserole SNCF pour récupérer quelques 70.000.000 €, et le gouvernement à déjà trouvé comment les dépenser : le financement d'un plan vigipirate "touche pas à mon boat" sous les tropiques. Et puis patatras, ces méchants petits français n'ont pas voulu qu'on les prive de carte famille nombreuse, alors pas d'économies de 70.000.000 €... Mais oups, l'idée de l'armée de p'tits pimousses-ninjas a fait son chemin, et l'ONU sera peut-être intéressée, qui sait ? Un grand merci à elle de financer les lubies gouvernementales à une heure où financer la lutte anti flibustiers semble plus important que d'injecter de l'argent dans la Recherche, la Justice et toutes ces belles petites choses déficitaires chez nous.

L'armée française se promène encore tandis qu'en France on s'apprête à fermer des casernes... L'un implique peut-être l'autre me direz-vous... Ça me fait penser à la série érotique des Joy in love. Joy in love se balade à travers le monde comme notre armée, et si la première le fait pour le pognon et peut-être un soupçon de plaisir (qui sait?), l'autre le fait pour le rayonnement, la francophonie, l'oxygénation des piou-pious, et surtout l'honneur puisque c'est aux frais du contribuable...

Je ne cache pas que je nourris plus d'affection pour les missions de Joy. Déjà, elle fut la tendre accompagnatrice de mes premières secouades adolescentes, et j'ai pu, grâce à elle, améliorer mon smash au tennis (force de bras oblige), et  visiter par procuration, entre deux parties de jambes-en-l'air aseptisées, les plus belles villes du monde. Bon, c'était il y a longtemps... Aujourd'hui d'une, je pratique les péronnelles en 3D et deux, je gagne tout juste assez d'argent pour aller voir le monde de plus près, plutôt que de l'entr'apercevoir entre les cuisses de mam'zelle Cricri.

Quant à l'armée que je contribue à financer pour qu'elle défende mes frontières plutôt que celles des autres, je lui souhaite de bien profiter du soleil qui, dans mon pays, ne brille pas aussi fort...

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Mardi 8 avril 2008
Mes félicitations à la police de la république française pour son imitation parfaite de la police chinoise !

Le savatage de journaliste, l'arrachage de drapeau tibétain, la soumission totale au parti représenté par les hauts dignitaires de l'ambassade de Chine, tout cela étaient rondement menés.

Quand la mission à remplir surpasse le libre arbitre de chacun, voilà ce qu'on obtient. Car on aura beau me saouler avec la mission qui était celle de la police ce jour-là, mais tous les policiers ne se sont pas comportés de la même façon, tout comme en 1940 quoi...

Quand l'état français déploie 400.000 € de police nationale, de pompiers et d'officiels comme une milice privée à la solde de la première usine mondiale, voilà ce qu'on obtient.

Je ne suis pas alter-mondialiste mais je respecte profondément leur combat, et là, je m'en voulais de ne pas être avec eux... Pour les 40 ans de mai 68, un p'tit pavé virevoltant aurait été de bon aloi, n'est-ce pas ?

Et puis je me suis soudain demandé quel a été le motif d'inculpation de nos chers petits agitateurs ? "Empéchage de relais de flamme olympique" ? Non, surement de "Trouble à l'ordre chinois"...
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Lundi 7 avril 2008

 

Je suis un fils et un petit-fils indigne...

Oui, cette année encore je n'ai pas envoyé un bouquet à ma grand-mère. Je ne me suis pas religieusement rendu chez Interflora, et me suis affranchi de surfer sur le net afin de gratter quelques euros, oui je l'avoue je n'ai pas, ce jour-là, pris le temps de penser à mon aïeule. Et du coup son gâteau de riz de 16h30 n'est pas bien passé.

Eh bien ouvrez bien vos oreilles : c'était fait exprès ! Non pas que je nourrisse à l'égard de mon ascendante une rancune qui me ferait manquer à tous mes devoirs et au respect que je lui dois, mais l'idée de lui offrir un bouquet à contre-coeur m'a soudain terriblement déplu. Les occasions d'être sincère sont rares de nos jours et les gens se plaignent si souvent de l'hypocrisie de leurs contemporains, que je n'ai pas hésité cette fois à me fendre de ma plus honnête franchise... Soyez heureuse, ma chère mamie, j'ai été sincère avec vous en ne vous envoyant rien. Cela dit, s'il est vrai qu'on se souvient peu des bouquets que l'on reçoit, on n'oublie jamais ceux qu'on aurait dû recevoir et qui sont restés bien au chaud chez les fleuristes. Et l'on nourrit dès lors pour les méchants amnésiques une rancune tenace...

Eh oui, ma grand-mère préfèrait semble t-il recevoir mille bouquets hypocrites que de ne pas recevoir de bouquet du tout. Je suis donc encore coupable d'avoir usé de ma sincérité.

Ma mère me sort souvent que je suis mal élevé, ce qui, vous me l'accorderez à la lueur de cette mise en abîme, est assez singulier. Mais j'ai passé l'âge d'être un vain rebelle, et si ma mère ne me reconnaît plus à présent, c'est que je ne suis plus ce petit bébé qui baignait dans son bain et qui ne rêvait que d'une chose : l'épouser en justes noces.

Et l'an prochain, penserai-je au bouquet de la fête des grands-mères ? Oui, je penserai à ne rien envoyer non plus. Je penserai à offrir un bouquet à mon épouse ce jour-là, non pour lui annoncer qu'elle est grand-mère, mais que je l'aime de tout mon coeur...

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Lundi 7 avril 2008

Tout le monde se mobilise pour le Tibet. Mais contre ma postière, qui ose s'insurger ? Qui ose porter un badge de soutien pour que ma postière presse enfin le pas ou commence sa tournée par ma boîte aux lettres ? Personne. Et c'est bien là le drame...

Je n'ai rien contre ma postière en particulier, c'est une femme charmante que les années ont fanée avec une infinie délicatesse, mais je ne comprends pas sa manière de mener sa tournée. Et comme je ne me sens pas plus concerné par l'indépendance du Tibet, que les Tibétains par l'indépendance de la Corse, j'ai décidé de me lever tel un seul homme (seul pour le moment, pero venceremos amigos !) pour lancer une enquête d'état personnelle sur ma postière.

Quand elle assure sa tournée, elle passe vers 13h30 quand il fait beau, 13h45 quand ça se couvre et 14h00 quand il pleut. Quand elle peut une fois l'an se libérer du joug patronal en partant pour ses congés protocolaires sous le soleil de Mussoilles-en-Basoeuil, charmante petite commune isolée de la forêt gauloise, notre amie la Poste la remplace et là, miracle ! Mon petit postier intérimaire passe à 11h30, qu'il soit harcelé par la bise traîtresse des mois d'hiver, ou écrasé par la chaleur étouffante d'un mois d'août caniculaire. Je salue au passage mes cher grands-parents.

Le Tibet est toujours sous tutelle chinoise et la Corse toujours "occupée" (par qui on ne le saura jamais : les corses ou la France ?), et je constate que ma postière met jusqu'à trois heures de plus pour faire sa tournée. Alors que faire, chers camarades de ma rue ? Que faire, ô citoyens de ma commune ?

J'attends vos suggestions amies, et vous promets de fonder une association dès que je recevrai plus de 365 plaintes annuelles, pour défendre nos droits au courrier avant 5h00 du matin, ou l'interdiction de stationner devant chez moi (j'en parlerai une prochaine fois, tiens)...

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Lundi 7 avril 2008

Avant de vous parler d'Alban Toutoune, rendons un hommage digne à tous les oubliés des journaux télévisés, c'est à dire tous les otages à l'eception d'Ingrid Bétancourt.

Vous pouvez les soutenir à cette adresse : www.lasvocesdelsecuestro.com

Voilà qui est fait ! Il paraît qu'au travers du combat pour la libération d'Ingrid Bétancourt, c'est un combat pour la libération de tous les otages qui est mené. J'en conviens au bénéfice du doute. On ne peut en effet offrir à tous les ayant-droits de tous les otages les encarts publicitaires, spots télé, radios, les reportages, articles, largages de photos, de lettres au dessus de la forêt amazonienne (quid de la pollution ?) etc... dont les médias compatissants se font largement écho. Cela ferait trop de monde à recevoir et la capacité d'accueil des hôtels de Roissy s'en trouverait incommodée pour quelques mois...

Alors je ne soutiendrai pas le comité de soutien à Ingrid Bétancourt, tout simplement parce c'est mon droit et qu'il manque beaucoup trop d'otages à l'appel...

Cela dit, si Ingrid Bétancourt n'avait pas été enlevée, on n'en parlerait pas. Si la Joconde n'était pas surexposée au Louvre, personne n'irait la voir... Cette dernière resterait au fond des collections de la République tandis que la première brillerait au sénat colombien sans que les échos de ses discours ne soit repris dans les colonnes du Monde.

Et Alban Toutoune dans tout ça ? Alban Toutoune, c'est l'otage dont on ne parle pas, dont on ne parle jamais. Et pourtant c'était un garçon coiffeur de grande qualité qui me gominait avec une tendre fermeté qui trahissait l'attirance indubitablement platonique qu'il avait à mon égard. Eh bien Alban Toutoune a disparu, enlevé par je ne sais quel guérillero de passage... Le fait est que je n'ai plus de nouvelles de lui et que mon cuir chevelu se languit de ses massages,mes oreilles de sa voix de canard cul-pincé et mon porte-monnaie des 14 euros dont je le gratifiait avec bonheur à chacun de mes passages... Alban, je ne t'oublierai pas et dès demain, je te soutiendrai en créant www.magrossetoutoune.org, et en larguant depuis mon deltaplane, des milliers de post-its à ton nom avec un p'tit coeur dessus !

 

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